ANTSAHALALINA

 

 

 

Une communauté qui vénère la vanille depuis des générations
ACCUEIL TOURISME SOLIDAIRE

Le village

Antsahalalina est le village typique d'une communauté dont le quotidien est réglé par les caprices de cette plante si exigeante mais qui, bon an mal an, leur garantit une rente annuelle considérée comme naturelle et méritée, récompense des ancêtres à toutes les corvées et frustrations imposées par la liane reine durant l'année. La vanille est un héritage laissé par les anciens et ce que les ancêtres ont légués sont sacrés, il faut le vénérer. Alors l'esprit de ces derniers ne manquera jamais de payer le bon travailleur selon les efforts qu'il a fournis quand viendra le masaka voan-draha (les fruits sont murs: période de maturité des différents produits de rente dont le café, la vanille et le girofle qui survient presque successivement à partir du mois de Juin dans cette région de Madagascar)

 

 

 

 

 

 

 

Par rapport aux autres villages producteurs de vanille, Antsahalalina est un de ces privilégiés par où passe une des rares routes en bon état dans cette région: ici, celle qui relie la capitale régionale, Sambava à la ville d'Andapa.
Antsahalalina est situé à 20 km de Sambava vers Andapa. Le village compte environ 3000 âmes, dont 60 % de jeunes de moins de 25 ans, réparties dans un millier de familles, toutes vivant exclusivement de l'agriculture
le villageAntsahalalina
AntsahalalinaAntsahalalina

 

Le village est alimenté en eau par la rivière Ankatoko qui passe par une jolie piscine naturelle arrosée par une chute appelée "Andriambé" (la grande chute)

cascade d'Antsahalalina

Andriambe

La population

Les habitants sont composés principalement des descendants de trois à quatre communautés ethniques issues chacune d'ancêtres lointains qui ont créé le village il y a plus d'un siècle, mais depuis, elles se sont complètement fusionnées en une seule communauté de mêmes traditions et coutumes et ici, comme dans tous les villages de SAVA, la vie est réglementée par les traditions et les coutumes avant la loi de l'Etat. Mais ces us et coutumes, bien que parfois, en contradiction avec la loi, sont reconnus par tout le monde et de ce fait, ne portent préjudice à personne, alors le fanjakagna (l'Etat)laisse faire...

population d'Antsahalalinapopulation d'Antsahalalina

 

planteur de vanille

pisciculture population d'Antsahalalina

Quand les parents passent la plupart de leur temps aux champs pour soigner les vanilliers ou défricher les champs si ce n'est pour travailler les rizières, qui reste non moins important rien que pour la consommation familiale, les enfants, à la sortie de l'école, juste après le déjeuner,se précipitent dans la rivière pour se rafraîchir car ici, surtout en été, la température varie entre 30 et 35°. Les jeunes filles en profitent pour faire la vaisselle en grattant les marmites avec le sable de la rive jusqu'à les faire reluire.

enfants se baigner dans la rivière une jeune fille qui porte sur la tête une marmite à laver àa la rivière mére et enfant

A partir de 5 ans une jeune fille sait déjà porter quelque chose sur la tête. Ainsi, c'est inné aux filles de SAVA de porter quelque chose sur la tête sans la tenir.

Il n'est pas rare non plus de voir une mère amenant son bébé à la rivière qu'elle laisse s'amuser avec le sable en même temps qu'elle s'occupe à laver la vaisselle ou à faire la lessive.

chercheuse d'eau

C'est la rivière Ankatoko, qui fournit tous les besoins en eau du village; cuisine, lessive, vaisselle, douche et baignade et même pour le besoin des animaux de la basse-cour. Ce qui n'est pas toujours sans danger pour la santé de la population car avec la croissance démographique et le retrécissement de la rivière à cause de la détérioration de l'environnement, l'eau de celle-ci se salit d'année en année car le débit n'arrive plus à neutraliser les différentes saletés qui y sont jetées quotidiennement.

 

pecheuse en eau douce pêcheuse d'eau douce

Si la femme n'est pas aux champs, une des principales distractions féminines ici c'est de pécher dans la rivière Ankatoko.

A Antsahalalina, le jour du marché public hebdomadaire est le mercredi. C'est une occasion pour la population de rester dans le village le temps du marché qui ne dure en général que jusque vers l'heure du déjeuner, soit pour vendre différents produits agricoles, soit pour acheter divers articles proposés par les commerçants ambulants provenant de la ville, soit simplement pour se distraire en profitant de l'ambiance de fête hebdomadaire qui accompagne le jour du marché public. Certains en profitent même pour boire un bon coup d'alcool traditionnel local dont le trembo (obtenu par fermentation du jus des fleurs de cocotiers) ou le betsabetsa (obtenu avec du jus de la canne à sucre ou d'ananas fermenté avec l'écorce d'un arbre appelé bilahy)

Mais en temps ordinaire le jour du marché, juste après le déjeuner, les habitants repartent au champs et ici, les champs de culture sont répartis à des dizaines de minutes de marche, à partir du village.

Et quand vient la campagne de récolte et de commercialisation des gousses vertes de vanille, c'est ce jour du marché public que la vente à la hélée de cet or vert de la région se déroule dans un local spécialement réservé à cet effet.

jour du marché jour du marché

Malgré l'emprise des traditions et coutumes avec leurs lots de croyances populaires, la population compte beaucoup de chrétiens. Ici l'église catholique du village.

l'église catholique d'ANTSAHALALINA fête villageoise

A gauche l 'église catholique et à droite la journée de construction collective des salles de classe d'une école privée créée et financée par les les habitants: les femmes s'occupent de faire cuire le répas alors que les hommes construisent les cases.

Mais la tradition est aussi un fort lien de solidarité entre les villageoises. Par exemple, pour combler l'insuffisance des établissements scolaires publics pour les petits, les villageois ont créé une école primaire privée en mettant ensemble leur contribution sous différentes formes selon les moyens de chacun,: en nature sous forme de produits agricoles que l'on revend après aux enchères et parfois rachetés par le donateur lui-même, en matériaux de construction constitués exclusivement de matériaux issus des ressources locales principalement végétales dont surtout des dérivées de l'arbre du voyageur, le ravinala, en argent liquide ou sous forme de travail pour les plus compétents en construisant eux-mêmes les cases qui serviront dde salles de classe. Durant la construction, les femmes s'occupent à faire cuire le déjeuner tandis que les hommes construisent les cases et le travail de construction de l'école se fait dans une véritable ambiance de fête et parfois même une journée de travail collectif comme celle-ci est clôturée par un bon coup d'alcool traditionnel pour les hommes.

Autre exemple parmi tant d'autres, dans un malheur comme les funérailles tous les villageois cessent de travailler et assistent aux funérailles qui durent en général, de deux à trois jours et toutes les dépenses sont supportées solidairement par toute la population du village et des agglomérations environnantes. Ainsi il n'est pas rare que lors d'un décès, une population de 5 villages, voire plus, est présente en se partageant toutes les tâches et dépenses liées à la cérémonie funèbre au moyen d'une contribution personnelle de chacun en riz et en argent. De même pour une cérémonie coutumière organisée par une famille, tous les habitants du village avec tous les parents de la famille, jusqu'aux plus lointains, assistent et contribuent à la fois aux tâches et aux dépenses correspondantes.

Dans le tavail des champs, il arrive qu'une famille a besoin d'effectuer de grands travaux dans un champ, que ce soit pour recolter du riz ou pour défricher sur un terrain d'une grande superficie dont les membres de la famille seuls n'arrivent pas à s'en occuper, alors c'est une occasion pour mettre en pratique ce qu'on appelle tamborô. Le tamborô est une journée où une famille sollicite l'aide des autres habitants pour un travail donné dans un grand champ de culture durant une journée déterminée et pour celà le propriétaire prépare un grand festin au déjeuner et de l'alcool traditionnel en fin de journée pour les travailleurs. Traditionnellement le propriétaire fait tuer un boeuf pour accompagner le riz du petit-déjeuner. Il est claire que toutes les familles n'ont pas suffisamment de terrain, donc de travail ni les moyens d'acheter un boeuf pour justifier l'organisation d'un tamborô.*

A l'occasion d'un mariage, en plus des cotisations individuelles de chaque adulte pour participer aux dépenses, les jeunes du village prennent en charge tous les travaux et tâches correspondants: la construction des hangars pour recevoir les invités, la préparation des répas dont tuer le boeuf du festin, ramasser des bois secs pour le feu, faire cuire le riz et servir les repas

Si la loi ne reconnait que le régime de la séparation des biens ou le partage égal des biens en cas de rupture, à l'occasion d'un mariage coutumier, la coutume adopte plutôt le système du 1/3, 2/3 ou le kitay telo an-dàlana (trois bois de chauffe sur un chémin), qui consiste à partager les biens acquis durant l'union, en trois parts égales dont un tiers reviennent à la femme et les deux tiers restants à l'homme. C'est reconnu et accepté par toutes les communautés rurales de SAVA et l'Etat laisse faire.

déjeuner collectif traditionnel déjeuner traditionnel

déjeuner collectif traditionnel

Déjeuner collectif lors d'une funéraille.

La jeunesse et l'éducation

 

la jeunesse

La population d'Antsahalalina est composée de 60 % de jeunes de moins de 25 ans. Le sport favori reste le foot-ball.

Les parents sont de plus en plus sensibilisés à l'instruction des enfants mais une carrence en établissement scolaire subsiste depuis longtemps car l'investissement de l'état dans ce sens ne suit pas la croissance démographique des jeunes à scolariser.

Même pour l'école publique de niveau 2 connu sous l'abréviation de CEG (collège d'enseignement général) dans laquelle les élèves doivent poursuivre leur scolarité après le CEPE et qui relève de l'Etat, les villageois ont dû compter sur leur propres moyens et leur solidarité coutumière pour construire les locaux provenant des ressources végétales environnantes et seulement ensuite, après de lourdes procédures et de longues attentes, le Ministère de l'Education Nationale a affecté des enseignants dans le collège.

L'école privée EPP VANILLA

Contact: Mme Josianne

Téléphone:

Mail: epvanilla@outlook.fr

Au fil des années, le village s'agrandit et s'étend de plus en plus le long, de la route. Par conséquent, de plus en plus de familles habitent davantage plus loin d'une école. Ce qui rend les trajets d'une école de plus en plus pénibles pour les jeunes écoliers. N'ayant aucun espoir que l'Etat leur dote de nouvelles écoles, l'assemblée des villageois a décidé de créer une école primaire privée totalement à leur charge et financée par une cotisatioin annuelle de chaque foyer. Ainsi, est née l'école primaire la VANILLA connue sous le sigle EP VANILLA

les enfants d'Antsahalalina écoled'Antsahalalina

Les cases qui servent de salles de classes sont construites avec exclusivement les matériaux locaux environnants dont principalement issus de l'arbre endémique de Madagascar connu sous le nom de Ravinala ou l'arbre du voyageur, et les bambous.

voyage et tourisme à SAVA de Madagascar

La cote de la vanille

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